Lucas Ribeyron nous a accueilli dans son atelier, fraîchement installé dans son atelier. Il est en résidence à la cité internationale des arts depuis un peu plus de deux mois car détenteur du prix Gautier Delaye, réservé aux anciens élèves d’art déco. Il a été en échange Erasmus en Italie et attache beaucoup d’importance à l’Italie. Il repose son travail sur l’objet papier, et le retournement de la perception du monde de notre société actuelle – tournée vers l’intérieur alors que nos ancêtres étaient en observation du monde. Il détourne également les systèmes de surveillance en imitant des prises de vue vidéo de fausse caméra de surveillance – filmant avec une petite caméra qui rend le cadrage approximatif. Il exploite ensuite ces images accumulées sur son ordinateur pour réaliser des dessins, des peintures et des impressions.

Il fait également parti de l’atelier Co-op à Maison Alfort, un atelier de sérigraphie qui est ouvert de l’art contemporain à l’illustration. Cet atelier lui permet de vivre de son métier. Il peint également au côté du peintre Mickael Marciano et travaille dans son atelier. Il a pour ambition de trouver une galerie pour le représenter et espère réaliser plusieurs expositions et projets pour 2019. La résidence à la cité internationale des arts lui permet donc d’être à Paris et de disposer d’un atelier individuel, pour produire davantage. Il nous a parlé de la réalité aussi du milieu : du fait que son travail soit relativement récent, il nous a confirmé qu’il faut être entouré d’un réseau pour espérer pouvoir être fixe, soutenu par une galerie.
Cette rencontre était assez chaleureuse, on sentait que Lucas Ribeyron est un jeune artiste enthousiaste par rapport à ses créations, passionnés lorsqu’il s’agit d’expliquer ses techniques de travail et ouvert à la discussion. J’ai apprécié qu’il se serve de son expérience en Italie pour traiter du contemporain dans son travail. Il traite en effet du syndrome de Stendhal à travers ses œuvres et exploite les images considérées « de mauvaise qualité », allant jusqu’à reproduire volontairement des erreurs d’impression à la main. Comme pour le travail d’Amélie Scotta, on sent un travail de minutie et une passion. Il n’a pas vraiment parlé de médiation dans son travail, seulement de la rédaction de textes accompagnant sa démarche lorsqu’il expose mais sans plus.