La Cité Internationale des Arts

Ces informations ont été recueillies lors de notre rencontre le lundi 21 janvier avec Corinne Loisel, chargée de la programmation culturelle à la Cité Internationale des Arts.

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Cette fondation privée est un projet repris par le couple Bruno, étant à l’origine une initiative finlandaise – La Fondation finlandaise de résidences d’artistes. Félix Bruno et sa femme sont des résistants, proches du Général De Gaulle qui a encouragé le projet des résidences d’artistes en France – Malraux ayant été contre. La cité internationale a donc pour projet à la base d’être ouvert à tous les artistes du monde, même s’il a été soulevé plus tard que certaines régions du monde ont été « oubliées ». La cité internationale des arts est constituée de 326 ateliers sur deux sites. Près de 1200 artistes y sont en résidence chaque année, pour divers séjours plus ou moins long – de 3 mois à 1 an.

La Cité Internationale des Arts s’auto-finance à 80%. Il y a 20% de subvention de la Mairie de Paris elle-même. L’auto-financement vient de plusieurs procédés : La souscription d’atelier auprès d’institutions et autres partenaires du monde entier, qui font une donation en échange de la gestion d’un ou deux ateliers. 135 partenaires sont concernés et gèrent un ou deux ateliers de la cité internationale des arts. Il y a également la prestation mensuelle des artistes, qui payent une certaine somme. Il y a également la location d’espace – espace d’exposition, auditorium etc – ainsi que la location de locaux commerciaux.

Les artistes peuvent être en résidence selon différentes conditions. Ils peuvent être sélectionnés par les partenaires financiers mais aussi lors de commissions, dans toutes les disciplines. Certains artistes doivent faire des rendus de résidence selon la façon dont ils ont été admis. L’Institut Français est concerné – il est rattaché au Ministère des Affaires Etrangères qui permet d’avoir en résidence des artistes de pays qui ne sont pas compris dans les partenaires financiers.

Bénédicte Alliot est la directrice depuis maintenant trois ans, et pense à l’importance d’entretenir le lien avec les 135 partenaires financiers, mais également à en créer de nouveaux, notamment pour toucher les zones géographiques les moins concernées. Il y a un regain d’intérêt et une rectification de l’attention portée à l’Afrique qui était une région du monde peu concernée par cette relation avec la cité internationale de l’art. Le continent sud-américain est également concerné. Même si Félix Bruno appelait une ouverture à tous les artistes du monde, je pense qu’il ne faut pas oublier le passé colonialiste de la France. Le regain d’intérêt pour l’Afrique est assez tardif à mon sens. À l’occasion d’Africa 2020, l’année prochaine, une attention toute particulière sera portée sur l’Afrique en son entièreté. Le projet est mené par la direction des Affaires Etrangères et la commissaire d’exposition N’Goné Fall a été demandée pour le projet.

Note : Le café des arts a été créé pour favoriser les échanges entre les artistes, mais j’ai pu constater que les échanges ont l’air assez timide, selon ce que les artistes qu’on a pu rencontrer nous ont raconté.

Les open studios sont à mon sens les moments les plus importants de la vie de la cité internationale des arts, ce que les artistes qu’on a rencontré ont confirmé par la suite, car c’est l’occasion pour eux d’ouvrir leurs portes, montrer leurs œuvres au public, mais aussi à des collectionneurs ou galeristes potentiels. C’est à ces occasions que les artistes se rencontrent également entre eux.